Dictionnaire des Saints guerisseurs et des Saints dont le nom est associé à une maladie par le Docteur Michel Dupont

Jusqu’au XIXe siècle, l’efficacité de la médecine était très modeste, et les malades préféraient s’adresser aux saints guérisseurs. On donnait les noms des plus célèbres d’entre eux aux maladies qu’ils étaient censés guérir :

Apolline

Jeune fille vivant à Alexandrie, en 248, lors du massacre des chrétiens, on lui brisa d'abord la mâchoire et les dents puis, comme on lui donnait le choix entre l'apostasie et le bûcher, elle se précipita dans les flammes ; invoquée pour les maux de dents, l'iconographie la montre une tenaille entre les dents.

Mercurial

Chevalier aragonais, il participe à la reconquête de l'Espagne et il est tué à Vielle Louron par les Sarrasins ; il aurait guéri un roi d'Espagne du diabète et il est donc invoqué par les diabétiques.

Barthélémy

Mal de Saint Barthélémy : Les convulsions

Disciple qui accompagne le Christ durant sa vie, part après la Pentecôte évangéliser l'Inde puis l'Arménie où il finit écorché vif. Enterré à Albane, son tombeau y est tellement vénéré par les fidèles que les autorités décident de le jeter à la mer dans un cercueil de plomb qui aurait flotté jusqu'à l'île de Lipari, près de la Sicile.

Marcel

Mal de Saint Marcel : La gangrène

Mort en 310 à Romain, il est élu pape en 308 en remplacement de Marcellin, martyrisé 2 mois avant. Il crée de nouvelles catacombes, divise Rome en 25 paroisses. L'empereur Maxence le fait arrêter et lui demande de sacrifier aux idoles ; il répond que "la Foi lui est plus chère que la vie". Maxence le fait flageller mais ne lui ôte pas la vie, préférant l'humilier en l'enfermant comme esclave dans les écuries impériales. Racheté en secret à ses gardiens par des fidèles, il est de nouveau arrêté par Maxence et condamné à être palefrenier dans un haras établi à l'emplacement d'une église. Il y mourut et fut enseveli dans la catacombe de Priscille. Ce fut le dernier pape martyrisé.

Agathe

Originaire de Catane en Sicile, elle fut martyrisée en 251 sur l'ordre du préfet Quintianus pour avoir refusé d'abjurer sa foi ; elle fut violée et brûlée ; elle est représentée portant ses deux seins sur un plateau, en évocation de son supplice : patronne des nourrices (contre l'agalactie)

Florian

Officier de l'armée romaine et fonctionnaire en Autriche, il est arrêté alors qu'il tente de réconforter des prisonniers chrétiens et il est jeté dans la rivière Enns, une pierre au cou : il est invoqué contre les noyades.

Sebastien

Natif de Narbonne, martyrisé par Dioclétien, alors qu'il était capitaine de sa Garde prétorienne mais qu'il s'était converti au christianisme : ses soldats, chargés de le transpercer de flèches s'arrangèrent pour le conserver en vie et il se rendit près de l'empereur pour lui reprocher sa cruauté envers les chrétiens : l'empereur le fit rouer de coups et jeter dans un égout ; il est le patron des archers mais il est aussi invoqué contre la peste car une épidémie se serait arrêtée à Pavie lors de l'édification d'une chapelle qui lui fut dédiée.

Gilles (640 – 720)

Mal de Saint Gilles : Le cancer

Athénien de race royale, à la mort de ses parents, il donne tous ses biens aux pauvres puis il quitte son pays et se retire dans une forêt près de Marseille, se contentant pour toute subsistance du lait d'une biche. Lors d'une chasse, Wanda, le roi des Wisigoths, le rencontre et, admiratif, il protège la biche sur le point d'être abattue et fait construire sur le lieu un monastère.

Badilon

Originaire du Hainaut, moine à Vézelay, il aurait ramené depuis St-Maximin, les reliques de Marie-Madeleine ; invoqué pendant les épidémies.

Eutrope de Saintes

A vécu au Ier siècle ap. J. C. Grec d'origine, il est envoyé par le pape St Clément évangéliser la Saintonge. Il convertit même la fille du gouverneur romain mais il meurt lapidé et achevé d'un coup de hache. Ses reliques sont placées dans la crypte de l'église de Saintes.

Cunegonde

Impératrice germanique du XIe siècle, elle se retira, une fois veuve, dans le monastère de Kaufungen qu'elle avait fondé et où elle préparait des potions pour la grossesse; son mari aurait accepté qu'elle conserve la virginité à laquelle elle s'était vouée, dès sa jeunesse ; elle est réputée protéger les femmes enceintes car à la Sainte Cunégonde (3 mars) la terre redevient féconde.

Leonard

Il combat avec Clovis, son cousin et il est baptisé en même temps que lui puis après avoir vécu en ermite dans les forêts du Limousin, il revient pour évangéliser le peuple et les princes ; il retourne terminer sa vie dans la solitude sylvestre ; il soigne les rhumatismes et l'épilepsie.

Leger

Né sur les bords du Rhin, fils de Sainte Sigrade, il fait ses études à Poitiers et il devint abbé de Saint-Maixent ; il fut chargé de l'éducation des enfants royaux, Clothaire III, Childéric II et Théodoric ; nommé évêque d'Autun, il défend les droits de Théodoric contre Ebroïn, qui le fit martyriser en lui arrachant d'abord les yeux : on l'invoque dans les maladies oculaires et les convulsions. Son frère fut supplicié avec lui.

Piat

Originaire d'Italie, il évangélise la région de Chartres puis la région de Tournai ; il est invoqué contre les céphalées et les fièvres.

Mathurin

Alors que son père martyrise les chrétiens, il se convertit, est prêtre à 20 ans et il guérit la belle-fille de l'empereur atteinte d'un dérangement cérébral : on l'invoque contre les maladies mentales.

Agapit

Il vécut au IIIe. siècle : originaire de Préneste, il est étudiant en droit à Rome lorsqu'il est arrêté comme chrétien et sauvagement martyrisé par le fouet, les charbons ardents, l'eau bouillante ; invoqué pour les femmes en couches et les enfants.

Reine

Mal de Sainte Reine : La gale

Décapitée à l'âge de 16 ans en 252 à Alesia (Alise Sainte-Reine). Son culte est attesté par une basilique érigée au Ve siècle sur son sarcophage à Alise. Sa fête est le 7 septembre : à la Sainte Reine, sème ton bon grain. Il existe une autre Sainte Reine qui était veuve et qui fonda un monastère à Denain au VIIIe siècle. Sa fête est célébrée le 1er juillet.

Maur

Mal de Saint Maur : La goutte

Moine italien, de l'abbaye du Mont-Cassin, disciple de St-Benoît, il diffusa la règle bénédictine en Gaule au VIe siècle. Célèbre est la légende qui le décrit marchant sur un lac pour sauver le jeune Placide (futur St Placide) tombé à l'eau. Ses reliques sont à l'abbaye de St-Maur-des-Fossés.

Leopold

Né à Melk en 1073, Margrave d'Autriche, parent de Frédéric Barberousse, il transforme son palais en asile pour les pauvres et les orphelins ; il fonda les abbayes de Klosterneuburg et de Mariazell ; sa fête est un jour férié en Autriche ; il est réputé soulager les douleurs abdominales.

Bertin

Originaire de Constance, il sera abbé du monastère de Sithiu, qui est à l'origine de la ville de Saint-Omer où il meurt en 709 ; il guérit le rachitisme et l'épilepsie.

Claire

Originaire d'Assise, la prédication de St François l'émeut au point qu'elle décide de se consacrer à Dieu, d'abord chez les Bénédictines de San Paolo puis à San Damiano où elle fonde l'ordre des Clarisses où elle défendra la notion de totale pauvreté ; quand en 1234 les soldats de Frédéric II qui investissaient Assise voulurent envahir le monastère elle éleva vers eux un ciboire : aveuglés, ils prirent la fuite ; elle est invoquée pour les maladies oculaires car son nom rappelle la clarté de la vue.