Dictionnaire des Saints guerisseurs et des Saints dont le nom est associé à une maladie par le Docteur Michel Dupont

Jusqu’au XIXe siècle, l’efficacité de la médecine était très modeste, et les malades préféraient s’adresser aux saints guérisseurs. On donnait les noms des plus célèbres d’entre eux aux maladies qu’ils étaient censés guérir :

Quentin

Mal de Saint Quentin : L'hydropisie

Fils d'un sénateur romain du IIIe siècle, vient prêcher l'Évangile en Gaule, dans la région d'Amiens. Son succès est tel que le gouverneur romain Rictiovarus le convoque et lui ordonne de sacrifier aux dieux. Quentin refuse et est cruellement martyrisé.

Lambert

D'une famille riche et chrétienne de Maastricht, il est élevé à l'évêché de Tongres et devient le conseiller de Childéric ; destitué de son évêché à la mort du roi, il est assassiné à Liège ; il est invoqué contre les maladies des reins.

Barthélémy

Mal de Saint Barthélémy : Les convulsions

Disciple qui accompagne le Christ durant sa vie, part après la Pentecôte évangéliser l'Inde puis l'Arménie où il finit écorché vif. Enterré à Albane, son tombeau y est tellement vénéré par les fidèles que les autorités décident de le jeter à la mer dans un cercueil de plomb qui aurait flotté jusqu'à l'île de Lipari, près de la Sicile.

Acaire (569 - 639)

D'origine bourguignonne, il recherchait la solitude et fut placé malgré lui aux évêchés de Noyon et de Tournai, au VIIe. Siècle ; il était réputé pour ses colères : protecteur des fous et des épileptiques.

Antoine de Thèbes ou le Cénobite (251 - 356)

Le Feu Saint Antoine : l'ergotisme

Ami de l'évêque d'Alexandrie, Athanase, qui écrira sa vie, il fuira la persécution de l'empereur Dioclétien et deviendra ermite dans le désert d'Égypte ; il est à l'origine de l'érémitisme qui prône la recherche spirituelle dans la solitude, le silence et la méditation. Comme la solitude peut être dangereuse, et très célèbre est l'épisode de sa tentation, où le diable qui aurait pris l'apparence d'un cochon, lui aurait proposé des jeunes femmes désirables à souhait, et à laquelle il aurait résisté, le cochon devenant alors un paisible compagnon : cette péripétie a été reprise en romans (Flaubert), en peinture (Teniers, Bosch, Tiepolo, Véronèse, Cézanne, Dali) et en musique. Il fut élaboré le cénobitisme, qui conseille aux ermites de se regrouper : il y eut jusqu'à 10 000 ermites en Égypte. Arles se targue de conserver les reliques du saint. Il est souvent représenté avec un cochon à ses pieds ou tenant une clochette. Il est invoqué depuis une 'épidémie' d'ergotisme qui eut lieu en France au XIe siècle et pendant laquelle les prières qui lui furent dédiées auraient permis de nombreuses guérisons.

Badilon

Originaire du Hainaut, moine à Vézelay, il aurait ramené depuis St-Maximin, les reliques de Marie-Madeleine ; invoqué pendant les épidémies.

Sebastien

Natif de Narbonne, martyrisé par Dioclétien, alors qu'il était capitaine de sa Garde prétorienne mais qu'il s'était converti au christianisme : ses soldats, chargés de le transpercer de flèches s'arrangèrent pour le conserver en vie et il se rendit près de l'empereur pour lui reprocher sa cruauté envers les chrétiens : l'empereur le fit rouer de coups et jeter dans un égout ; il est le patron des archers mais il est aussi invoqué contre la peste car une épidémie se serait arrêtée à Pavie lors de l'édification d'une chapelle qui lui fut dédiée.

Leonard

Il combat avec Clovis, son cousin et il est baptisé en même temps que lui puis après avoir vécu en ermite dans les forêts du Limousin, il revient pour évangéliser le peuple et les princes ; il retourne terminer sa vie dans la solitude sylvestre ; il soigne les rhumatismes et l'épilepsie.

Mathurin

Mal de Saint Mathurin : La folie

Né à Larchant à la fin du IIIe siècle d'un père chargé d'exterminer les chrétiens par l'empereur Maximien, il est baptisé secrètement à 12 ans, convertit ses parents, devient prêtre à 20 ans ; la légende dit qu'il aurait bénéficié d'un don pour calmer les énergumènes et chasser les démons. Sa réputation s'étend : emmené à Rome pour soigner Théodora, la belle-fille de l'empereur, il lui fait boire de l'huile qu'elle vomit avec le démon. Il vécut encore 3 ans à Rome. Son corps fut ramené à Larchant . Invoqué pour les fous et les "épouses insupportables", il est le patron des bouffons, des clowns, mais aussi des marins en Bretagne et des potiers d'étain à Paris. Sa fête est le 1er novembre.

Fiacre

Mal de Saint Fiacre : Les hémorroïdes

Vécut au VIe siècle ; fils du roi d'Écosse, il part en France se retirer près de Meaux où il fonde un couvent et s'y adonne à l'agriculture, utilisant tous les produits de l'exploitation pour nourrir les nombreux pèlerins et malades qui se pressent, attirés par sa renommée. Des envoyés d'Écosse viennent lui proposer la couronne du royaume d'Écosse, mais à sa demande, Dieu le défigure à un point tel que les envoyés renoncent à leur mission. Il meurt dans son ermitage et de nombreux miracles se seraient succédé sur sa tombe.

Anne

Elle se désespérait d'avoir un enfant quand à un âge déjà avancé, un ange vint l'avertir qu'elle serait mère : et ce fut la naissance de Marie, la mère du Christ : elle est invoquée par les femmes stériles ou en cas de dystocies.

Barbe

Fille d'un satrape d'Asie Mineure au IIIe siècle, elle fut décapitée par son propre père ; celui-ci est sur le champ frappé par la foudre et réduit en cendres : elle est invoquée contre la mort subite et contre les brûlures et les fièvres.

Genou

Mal de Saint Genou : La goutte

Il vécut au IIIe siècle, et sa fête est célébrée le 17 janvier. Envoyé par le pape Sixte II pour évangéliser la Gaule, il résida à Selles St-Denis, qui s'appelait auparavant Selles Saint-Genou, puis il fut évêque de Cahors. Il est particulièrement vénéré en Sologne, et une commune de l'Indre porte son nom.

Rita

Née à Cascia, en Ombrie, en 1381, après avoir été mariée et mère de jumeaux, veuve, elle rentre au couvent et sa vie légendaire est parsemée de faits miraculeux et de guérisons spectaculaires : elle est la patronne des causes désespérées et elle est invoquée pour guérir les cancers.

Leopold

Né à Melk en 1073, Margrave d'Autriche, parent de Frédéric Barberousse, il transforme son palais en asile pour les pauvres et les orphelins ; il fonda les abbayes de Klosterneuburg et de Mariazell ; sa fête est un jour férié en Autriche ; il est réputé soulager les douleurs abdominales.

Elisabeth

Fille du roi de Hongrie, elle est mariée à 14 ans au fils du Margrave de Thuringe ; veuve à 20 ans, elle se consacre aux pauvres et aux lépreux qu'elle soigne mais elle nourrit et accueille tous les petits enfants pauvres du voisinage ; elle guérit les croûtes de lait et les teignes.

Gerard de Brogne

D'abord soldat, il choisit la vie monastique chez les Bénédictins ; il s'initie à St-Denis près de Paris puis il fonde une abbaye dans sa région près de Namur ; il meurt en 959 ; il est invoqué contre les convulsions et les maladies du foie.

Peregrin

Né en Italie en 1260, il lutte contre la Papauté quand une rencontre avec St Philip Benizi le convertit : il entre chez les Servites ; comme il présente un cancer du pied, le médecin décide l'amputation et après une nuit de prières, quand le médecin revient le lendemain, la jambe est entièrement guérie : il est invoqué par les cancéreux. Une autre version de cette légende existe : s'étant imposé de ne jamais s'asseoir, il présenta de graves problèmes circulatoires des membres inférieurs, avec ulcères ; quand le chirurgien qui avait décidé d'amputer une jambe, se prépara à l'intervention, il eut la stupéfaction de découvrir un membre absolument sain. Il est invoqué pour les ulcères.

Antoine de Padoue

Le Feu de Saint Antoine : les douleurs du zona

Né à Lisbonne en 1195, il entre au monastère augustinien de Sao Vicente puis à Coimbra où il étudie les sciences humaines et la théologie ; prêtre en 1220, il entre chez les Franciscains, séjourne au Maroc qu'il doit quitter pour raison de santé, il arrive en Sicile, puis à Assise où il vit en ermite au Monte Paolo ; puis à la demande de ses supérieurs, il devient prédicateur en Romagne, à Rimini, à Bologne ; à la demande de St François, il enseigne la théologie et il est nommé docteur de l'Église ; il est envoyé prêcher chez les Albigeois, à Montpellier, puis à Limoges, à Bourges, au Puy en Velay ; rentré en Italie, il est supérieur provincial en 1227 ; il séjourne à Padoue où il écrit ses célèbres Sermons et il se retire à l'ermitage de Camposanpierro où il meurt en 1231 ; il fut canonisé dès 1232.

Marcoul

Mal de Saint Marcoul : Les écrouelles

Né dans la colonie saxonne implantée à Bayeux, il est ordonné prêtre ; Childebert Ier lui donne un terrain dans le Cotentin pour bâtir un monastère. Il entre en relation avec St Hélier, qui évangélisera Jersey. Là, il l'assistera dans ses derniers moments, en 558. Durant les invasions normandes, ses reliques furent transférées dans l'Aisne, à Corbery, où les rois de France allaient en pèlerinage avant de procéder au toucher des écrouelles. Le septième enfant mâle, appelé Macou, aurait le même pouvoir de guérison.

Aldegonde (Cousolre 630 - 684)

Fille d'un notable de la cour du roi Dagobert, elle s'installe en ermite dans la forêt de Malbode (futur Maubeuge) où elle mourut d'un cancer ; on la prie pour les fièvres et migraines, les maladies des yeux et les tumeurs des seins.