Dictionnaire des Saints guerisseurs et des Saints dont le nom est associé à une maladie par le Docteur Michel Dupont

Jusqu’au XIXe siècle, l’efficacité de la médecine était très modeste, et les malades préféraient s’adresser aux saints guérisseurs. On donnait les noms des plus célèbres d’entre eux aux maladies qu’ils étaient censés guérir :

Barthélémy

Mal de Saint Barthélémy : Les convulsions

Disciple qui accompagne le Christ durant sa vie, part après la Pentecôte évangéliser l'Inde puis l'Arménie où il finit écorché vif. Enterré à Albane, son tombeau y est tellement vénéré par les fidèles que les autorités décident de le jeter à la mer dans un cercueil de plomb qui aurait flotté jusqu'à l'île de Lipari, près de la Sicile.

Rita

Née à Cascia, en Ombrie, en 1381, après avoir été mariée et mère de jumeaux, veuve, elle rentre au couvent et sa vie légendaire est parsemée de faits miraculeux et de guérisons spectaculaires : elle est la patronne des causes désespérées et elle est invoquée pour guérir les cancers.

Aldegonde (Cousolre 630 - 684)

Fille d'un notable de la cour du roi Dagobert, elle s'installe en ermite dans la forêt de Malbode (futur Maubeuge) où elle mourut d'un cancer ; on la prie pour les fièvres et migraines, les maladies des yeux et les tumeurs des seins.

Fiacre

Mal de Saint Fiacre : Les hémorroïdes

Vécut au VIe siècle ; fils du roi d'Écosse, il part en France se retirer près de Meaux où il fonde un couvent et s'y adonne à l'agriculture, utilisant tous les produits de l'exploitation pour nourrir les nombreux pèlerins et malades qui se pressent, attirés par sa renommée. Des envoyés d'Écosse viennent lui proposer la couronne du royaume d'Écosse, mais à sa demande, Dieu le défigure à un point tel que les envoyés renoncent à leur mission. Il meurt dans son ermitage et de nombreux miracles se seraient succédé sur sa tombe.

Agathe

Originaire de Catane en Sicile, elle fut martyrisée en 251 sur l'ordre du préfet Quintianus pour avoir refusé d'abjurer sa foi ; elle fut violée et brûlée ; elle est représentée portant ses deux seins sur un plateau, en évocation de son supplice : patronne des nourrices (contre l'agalactie)

Claire

Originaire d'Assise, la prédication de St François l'émeut au point qu'elle décide de se consacrer à Dieu, d'abord chez les Bénédictines de San Paolo puis à San Damiano où elle fonde l'ordre des Clarisses où elle défendra la notion de totale pauvreté ; quand en 1234 les soldats de Frédéric II qui investissaient Assise voulurent envahir le monastère elle éleva vers eux un ciboire : aveuglés, ils prirent la fuite ; elle est invoquée pour les maladies oculaires car son nom rappelle la clarté de la vue.

Etienne

Le premier des sept diacres, il est condamné à être lapidé par le Sanhédrin, en 36, il sera le premier martyr ; tué par des pierres, il est invoqué contre les calculs ou pierres de la vessie.

Quentin

Mal de Saint Quentin : L'hydropisie

Fils d'un sénateur romain du IIIe siècle, vient prêcher l'Évangile en Gaule, dans la région d'Amiens. Son succès est tel que le gouverneur romain Rictiovarus le convoque et lui ordonne de sacrifier aux dieux. Quentin refuse et est cruellement martyrisé.

Martin

Mal de Saint Martin : L'ivresse

Fils d'un officier de la cavalerie romaine, né en Pannonie vers 316, il est élevé à Pavie où son père s'est retiré. À 10 ans, il demande à être instruit dans la religion chrétienne puis souhaite mener une vie monastique, mais son père, païen, l'enrôle de force dans la cavalerie romaine. Lors d'un passage de sa cohorte près d'Amiens, âgé de 18 ans, il coupe en deux sa cape et en donne la moitié à un mendiant croisé sur la route (pourquoi la moitié, parce que selon la coutume, l'autre moitié ne lui appartenait pas mais appartenait à la cavalerie). À 40 ans, rendu à la vie civile, il se rend à Poitiers où il reçoit de l'évêque St Hilaire le plus bas des ordres mineurs, par humilité. Il part évangéliser la Pannonie puis revient en Gaule : ordonné prêtre, il fonde un monastère à Ligugé où les chrétiens de Tours viennent le kidnapper pour le porter sur le trône épiscopal ; il est sacré le 4 juillet 371. Il fonde un monastère à Marmoutiers où il mène une vie simple. Il aurait évangélisé la région de Trèves et le Luxembourg. Mort en 397, une église est érigée à Tours où se recueilleront Clovis, Charlemagne, Philippe-Auguste, St-Louis, Henri IV, Louis XIV. Sa fête est célébrée le 11 novembre.

Piat

Originaire d'Italie, il évangélise la région de Chartres puis la région de Tournai ; il est invoqué contre les céphalées et les fièvres.

Acaire (569 - 639)

D'origine bourguignonne, il recherchait la solitude et fut placé malgré lui aux évêchés de Noyon et de Tournai, au VIIe. Siècle ; il était réputé pour ses colères : protecteur des fous et des épileptiques.

Anne

Elle se désespérait d'avoir un enfant quand à un âge déjà avancé, un ange vint l'avertir qu'elle serait mère : et ce fut la naissance de Marie, la mère du Christ : elle est invoquée par les femmes stériles ou en cas de dystocies.

Erasme

Évêque d'Antioche au IIIe siècle, il fuit les persécutions au Liban puis en Italie en Campanie où il sera martyrisé, arrosé à l'huile bouillante et ses viscères dénudés et enroulés autour d'un cabestan : il est invoqué pour les maux d'intestin. Comme il prêchait lors d'un violent orage, le ciel resta clément là où il siégeait, les marins l'ont pris comme protecteur.

Florian

Officier de l'armée romaine et fonctionnaire en Autriche, il est arrêté alors qu'il tente de réconforter des prisonniers chrétiens et il est jeté dans la rivière Enns, une pierre au cou : il est invoqué contre les noyades.

Job

Mal de Saint Job : La lèpre

Homme juste et intègre, qui craignait Dieu et se gardait du mal. Ses souffrances et sa patience ont été décrites dans un livre canonique de l'Ancien Testament, le livre de Job, rédigé vers 1600 ans av. J.-C. Il est surtout vénéré en Orient, où d'autres saints orthodoxes portent ce nom :

  • Saint Job de Moscou : métropolite de Moscou et patriarche, qui fut exilé pour avoir soutenu Boris Godounov.
  • Saint Job de Potchaiev, mort en 1651.
  • Saint Job, père spirituel de Pierre le Grand et qui fut exilé au monastère de Solovski, dans le Grand Nord. Il mourut en 1720.

Barbe

Fille d'un satrape d'Asie Mineure au IIIe siècle, elle fut décapitée par son propre père ; celui-ci est sur le champ frappé par la foudre et réduit en cendres : elle est invoquée contre la mort subite et contre les brûlures et les fièvres.

Eutrope de Saintes

A vécu au Ier siècle ap. J. C. Grec d'origine, il est envoyé par le pape St Clément évangéliser la Saintonge. Il convertit même la fille du gouverneur romain mais il meurt lapidé et achevé d'un coup de hache. Ses reliques sont placées dans la crypte de l'église de Saintes.

Clement

Disciple de St Paul, il succède à Pierre sur le Siège de Rome ; exilé en Crimée, il fut martyrisé par la noyade : il retrouve et soigne les noyés.

Guy

Mal de Saint Guy : La chorée

Mort en 303, né en Sicile ou en Italie du Sud, fils d'un sénateur païen, aurait été converti par sa nourrice et son précepteur et aurait été martyrisé en leur compagnie sous le règne de Dioclétien, probablement à Rome. Particulièrement vénéré pendant le Moyen Âge et en Allemagne, il est représenté dans un chaudron, tenant un chien en laisse. Sa fête est célébrée le 15 juin.

Genou

Mal de Saint Genou : La goutte

Il vécut au IIIe siècle, et sa fête est célébrée le 17 janvier. Envoyé par le pape Sixte II pour évangéliser la Gaule, il résida à Selles St-Denis, qui s'appelait auparavant Selles Saint-Genou, puis il fut évêque de Cahors. Il est particulièrement vénéré en Sologne, et une commune de l'Indre porte son nom.

Badilon

Originaire du Hainaut, moine à Vézelay, il aurait ramené depuis St-Maximin, les reliques de Marie-Madeleine ; invoqué pendant les épidémies.